L’examen clinique

PQRST / PQRSTU / PQRSTUI

Comment s’y retrouver, quand l’utiliser et pourquoi ou le «quessé que ça donne »?

Précisons d’abord ceci : il s’agit EXACTEMENT DE LA MÊME CHOSE

La signaitication des lettres de cet accrocyme
P le U est inclus dans cette sectionPPProvoqué / Pallié
Q le I est inclus dans cette sectionQ le I est inclus dans cette sectionQQualité / Quantité
RRRRégion / irradiation
SSSSignes et symptômes associés
TTTTemps
UUUnderstand / signification
IImpact fonctionnel

Vous vous dites : «Je fais déjà une collecte des données complète, pourquoi changerais-je ma façon de fonctionner. »

L’examen clinique doit être complet, précis et effectué de façon rigoureuse. Les renseignements doivent être consignés de façon complète et démontrant votre rigueur.

Dans la première partie de l’examen clinique, soit l’anamnèse ou histoire de santé portant sur un malaise dominant, le PQRSTUI permet d’aller chercher les données subjectives minimales.

L’aisance vient rapidement avec la pratique.
Il est important de ne pas biaiser les résultats obtenus en suggérant des réponses au patient.

 

Voici des exemples de questions pour chacune des lettres de l’acronyme.

P – Provoqué: Qu’est-ce qui provoque ou augmente ce malaise / comment ce malaise a-t-il débuté

Pallié: Qu’est-ce qui diminue ou soulage ce malaise, ou ce qui vous aide à réaliser vos activités du quotidien malgré ce malaise

Q – Pouvez-vous me décrire ce que vous ressentez. Quelle est l’intensité sur une échelle de 0 à 10 (valide si douleur, anxiété ou dyspnée)

R – S’applique seulement lorsqu’il est possible de situer une région – Montrez-moi où se situe votre douleur et est-ce qu’elle s’étend ailleurs

S – Depuis que ce nouveau symptôme est apparu il y a 3 jours (par exemple l’essoufflement), est-ce que vous avez d’autres nouveaux malaises ou symptômes

T- Le malaise est-il ressenti de façon continue ou par intervalle, est-ce pire ou mieux à certains moments dans la journée

U – Selon vous, qu’est-ce que c’est ou à quoi est-ce relié

I – Depuis l’apparition de ce malaise, avez-vous dû cesser ou reporter certaines activités, tâches domestiques ou loisirs

 

L’ordre dans lequel on pose les questions n’est pas important, ce qui importe est de n’oublier aucune question, car il s’agit d’un minimum d’information à recueillir.

Quand utiliser le PQRSTUI : en général, lorsque le client présente un nouveau symptôme. Dès que vous devez compléter un examen clinique partiel ou complet.

Son utilité : Lorsque le patient présente un nouveau symptôme, cette méthode permet de ne rien oublier des données minimales à collecter. Vos notes seront structurées de façon méthodique ce qui facilitera le suivi clinique de qualité. Les données subjectives recueillies orientent votre examen clinique.

Références utiles

OIIQ, http://mistralfc.oiiq.org/ezcontent/ORG00006/Content/CRS0077/assets/pdf/Ressources-PQRSTU.pdf

Doyon,O, Examen et surveillance clinique centré sur des symptômes d’alerte en santé physique

https://www.aqiism.org/wp-content/uploads/2015/05/Évaluation-de-la-condition-physique.pdf, 2015

OIIQ, PRN – Comprendre pour intervenir, 2e édition, 2010

Deuil et pertes multiples

«Une personne réalisant la fragilité la vie, saura aussi habituellement comment celle-ci est précieuse.»

Extrait de Mort, mais pas dans mon coeur, Guider le jeune en deuil, par Josée Masson.

Comment annoncer le décès d’un proche à un enfant ou un adolescent : faire l’annonce dans un endroit où il pourra réagir (pas dans une pièce pleine de gens). Dites-lui tout de façon simple et douce en allant droit au but . Vérifier ce qu’il a compris et les émotions que cela lui fait vivre. Enfin, précisez la vraie cause de la mort. (Ce sera toujours moins pire et moins macabre que ce qu’il s’imaginera). Même en cas de suicide ou d’homicide, lui dire et préciser le moyen utilisé (corde, couteau, arme, médicaments).

L’intensité du deuil ne dépend pas du type de mort (traumatique ou + tragique). Il y a cependant des deuils particuliers comme une disparition, un suicide ou deuils multiples lors d’une tragédie comme un accident ,qui compliqueront ou allongeront probablement le deuil. La façon dont la personne est décédé est un facteur important, il teinte les questions, réactions et perceptions nouvelles de la vie. Il est donc primordial que ce ne soit pas tabou et que l’enfant sache.

Avec la maladie et un pronostic évident, la mort peut être préparée. À l’annonce d’une maladie grave, tout doit être dit aux jeunes, le nom de la maladie, qu’est-ce que cette maladie, le tenir au courant de l’évolution. Prenez entente avec lui sur le fait que vous le mettrez au courant, bonne ou mauvaise nouvelle. Vivre la maladie ensemble c’est : lui parler de vos émotions, le rassurer, trouver du temps pour être avec lui, lui laisser des occasions et la possibilité d’accompagner la personne malade et parler de la mort lorsque la maladie s’aggrave. Vivre ensemble la maladie et la mort aidera à vivre le deuil ensemble.

Mort subite : lui expliquer ce qui c’est passé dans le corps. Lui répéter souvent et le rassurer sur le fait que ça ne leur arrivera pas. Il y a beaucoup de « si » et de culpabilité. On cherche souvent des coupables. Le jeune s’identifie souvent comme coupable.

Suicide : lui répéter que la personne a choisi de mourir, que c’est difficile à comprendre, ce n’est jamais de sa faute, ce n’est jamais acceptable et ne devrait pas être une option, il n’est en rien responsable. « Le suicide nait d’une intention, parfois suite de la dépression, ou d’un trouble mental en précisant bien que toutes les personnes dépressives ne se suicident pas. » Le jeune enfant a la pensée magique que la guérison ou la mort peut être provoquée par une pensée. Surtout entre 4 et 7 ans, il a tendance à croire que tout tourne autour de lui. Il croit avoir le pouvoir par la simple pensée de provoquer des évènements. Expliquer à nouveau le concept de mort (voir infolettre septembre 2017).

Mireille Guillemette inf.B.éd. et présidente de Mire Formation Conseil inc.

Ressources et publications

Deuil jeunesse : http://www.deuil-jeunesse.com/accueil

http://www.coupdepouce.com/mamans/6-12-ans/article/comment-parler-de-la-mort-avec-son-enfant

Un excellent texte de Josée Masson : https://rubanrose.org/renseignements-pratiques/diagnostic-enfants

Livre : Mort, mais pas dans mon coeur, Josée Masson, éd.Logiques, 2010.
Pour commander : adpcommandes@messageries-adp.com ou en version électronique sur archambault.ca .

Vidéo : Comment parler de la mort aux enfants https://www.youtube.com/watch?v=TCs2b_ZdKBs

La question m’est souvent posée : « Est-il préférable de prendre la température par voie buccale ou rectale ?» Je vous partage ici le résumé d’un article de Dr Frédéric Picotte, omnipraticien et urgentologue de la région de Shawinigan.

La température rectale serait la plus fiable lorsque la personne, quel que soit son âge, présente un changement dans son état de santé. En effet, une étude de Niven et al. a démontré que dans 30% des cas la fièvre ne serait pas détectée par la prise par voie buccale ou axillaire. (Niven et al., Accuracy of peripheral thermometers for estiming temperature : A systemic review and meta-analysis, 2015)

Selon Dr.Picotte, dès que l’on prend la température en dépistage, la température rectale est la plus recommandée. Les autres voies seraient fiables en situation où le patient présente des signes et symptômes de fièvre. En situation de dépistage, ils sont incapables de détecter la hausse de température chez 30% des patients.

Pour les lecteurs travaillant en CHSLD, le document Définitions pour la surveillance des infections nosocomiales dans les milieux d’hébergement et de soins de longue durée, INSPQ 2014, fait état des résultats de la prise de température chez un ainé. Il y est mentionné les résultats de prise de température orale, tympanique, axillaire ou rectale qui indique la présence de fièvre gériatrique.

J’en conclus donc que, notre choix de la voie pour la prise de température est guidé par :

  • Prescription médicale,
  • Protocole d’établissement,
  • Situation de dépistage, admission ou routine de soin
  • Le patient présente-t-il des signes et symptômes infectieux.

Mireille Guillemette inf.B.éd.

Santé Québec

REVUE DE L’ORDRE DES INFIRMIÈRES ET INFIRMIERS AUXILIAIRES DU QUÉBEC

• PRINTEMPS 2017 • VOL. 27, NO 1

Santé Québec

REVUE DE L’ORDRE DES INFIRMIÈRES ET INFIRMIERS AUXILIAIRES DU QUÉBEC

• HIVER 2017 • VOL. 26, NO 3

Devrais-je lui dire qu’elle peut partir ?

Cette question m’est souvent posée. J’ai déjà été témoin d’une situation où le conjoint aimant a dit avec beaucoup de tendresse; « Tu peux partir.» La réaction de la conjointe en fin de vie a été d’une telle tristesse, elle a cru à ce moment que son conjoint en avait assez de la voir ainsi.

Depuis ce jour je fais très attention avec l’utilisation de cette phrase. Cette situation d’une grande tristesse m’a aussi amené à réfléchir sur le sujet. Dire à un être cher qu’il peut partir, se laisser aller n’est-il pas comme de lui donner une permission? J’en suis venu à l’idée que l’intention avec l’utilisation de ce type de phrase est de rassurer la personne mourante. J’opte donc maintenant pour l’expression d’un message en «je» rassurant l’autre. Par exemple : «Je suis bien, je vais m’en sortir même si j’ai énormément de peine» ou encore «Maman, tu vas mourir et c’est comme si une partie de moi-même s’éteignait. D’un autre côté, tu nous entends, on se remémore plein de souvenirs d’enfance et de jeunesse. Maman tu vas toujours rester vivante dans notre mémoire. Merci pour tout ce que tu nous as transmis.»

Suggestion site web : http://palli-science.com
Suggestion lecture : La mort intime de Marie de Hennezel, 2006

LES PERTES ET LES PEURS

L’espoir est en partie cette capacité à vivre et être dans le moment présent et en même temps croire que le futur sera positif.Comment est-ce possible de croire en ce futur positif pour quelqu’un en fin de vie.

En fin de vie, la personne doit se défaire de ce qui est le plus important dans sa vie. Les peurs vécues ont de nombreuses origines : peur de ce qui va ce passer, de perdre le contrôle, de ce qui va arriver à ses proches, de l’inconnu, que la vie n’est aucune signification, etc.

Ces pertes et ces peurs sont souvent vécues de façon solitaire.

En tant que soignants ou accompagnateurs, nous avons le devoir d’écouter et de faciliter le récit de vie. Cette écoute permet de donner du sens et facilite le lâcher- prise par la personne en fin de vie.

CULTIVER L’ESPOIR

Oui, l’espoir est possible et permet de donner un sens à ce qui arrive. Il ne porte pas sur la guérison ou sur le temps qui reste sur le plan de la durée. L’espoir en fin de vie porte sur autre chose : espoir de ne pas souffrir, de mourir dans la dignité, que nos proches ne nous oublient pas, de garder un certain contrôle sur les évènements, que les êtres chers aient un bel avenir, etc.

En plus de faciliter le lâcher-prise, permettre et aider la personne à transmettre ses mémoires est aussi un moyen de cultiver l’espoir. En exprimant à l’autre que je ferai tout pour contrôler ses symptômes et que ses choix et que ses volontés seront respectées est une autre façon de cultiver l’espoir.

« C’est dans le regard de l’autre que je vois si je suis encore aimable, c’est dans la manière dont il me parle, dont il prend soin de moi que je sens si je fais encore partie du monde des vivants. »

Marie de Hennezel

Mireille Guillemette inf.B.éd, présidente de Mire Formation Conseil inc. et formatrice clinique.

J’ai souvent entendu qu’il était préférable d’attendre que l’enfant ou l’adolescent pose les questions concernant la mort et le deuil. Sans remettre en doute les auteurs, j’ai toujours été convaincue que ce n’était pas approprié pour tous les enfants d’attendre qu’ils nous questionnent.

Mon premier deuil, je l’ai vécu à l’âge de 3 ans. Des morts dramatiques survenues lors d’un incendie. Je me souviens encore de certaines images, les cercueils et les pierres tombales. J’ai ensuite vécu un deuil significatif à l’âge de 13 ans.

Je n’ai jamais posé de questions à personne, mais je vivais une tempête d’émotions très changeantes. Je n’ai jamais montré que ce décès m’affectait. Étais-je si différente des autres pour ne pas en parler, j’étais pourtant entourée d’une famille très unie ? Eh bien non, le préadolescent ne parlera généralement pas de cette détresse ni des peurs qu’il a concernant la mort. Et l’enfant n’expliquera pas au parent le deuil qu’il vit.

Parler de la mort au quotidien

Il y a plus de 269 000 décès par année au Canada. Au Québec, c’est plus de 180 décès par jour. De ces décès dans la province de Québec, 9 personnes sont âgées de moins de 49 ans dont 2 enfants de moins de 10 ans.

Si vous connaissez un jeune qui vit ou a vécu un deuil, c’est aussi votre devoir de contribuer à l’accompagnement. Le proverbe d’origine africaine dit : « Ça prend tout un village pour élever un enfant ». Concernant le deuil, dans notre culture nord-américaine on pourrait appliquer le principe suivant : ça prend une famille, une communauté, une société pour accompagner une jeune vivant un deuil et pour briser le tabou entourant la mort.

Comment en parler

L’âge de l’enfant est important, notre langage doit être adapté bien sûr, mais ces 5 concepts doivent être expliqués.

  1. La mort est irréversible (il est mort pour toujours et ne reviendra jamais)
  2. C’est une fin absolue (arrêt de fonctionnement du corps, des fonctions vitales)
  3. Il y a une cause physique (et non provoqué par chicane ou pensées)
  4. Elle est inévitable pour tous les êtres vivants
  5. Elle appartient à un cycle biologique (ce ne sont pas que les méchants ou les plus faibles qui meurent)

Le deuil nous apprend que la mort existe, qu’elle fait partie de la vie, qu’elle peut survenir à tout instant. C’est une dure réalité qui laisse une marque invisible. La vie de l’enfant ou de l’adulte qui vivent la mort d’une personne aimée ne sera plus comme avant. Cependant, la vie peut continuer à être belle.

Mireille Guillemette inf.B.éd. et présidente de Mire Formation Conseil inc.

Ressources et publications
Deuil jeunesse : http://www.deuil-jeunesse.com/accueil

http://www.coupdepouce.com/mamans/6-12-ans/article/comment-parler-de-la-mort-avec-son-enfant
Un excellent texte de Josée Masson : https://rubanrose.org/renseignements-pratiques/diagnostic-enfants
Livre : Mort, mais pas dans mon coeur, Josée Masson, éd.Logiques, 2010.

Pour commander : adpcommandes@messageries-adp.com ou en version électronique sur archambault.ca .

Vidéo : Comment parler de la mort aux enfants https://www.youtube.com/watch?v=TCs2b_ZdKBs

Démence : les mythes et la réalité

Mythe : fausse croyance souvent basée sur une partie de réalité, partagée par plusieurs personnes. On multiplie cette croyance de bonne foi, car on est certain de sa véracité.

Je veux vous présenter l’état des connaissances mondiales actuelles sur les vrais facteurs de risque et de protection de la démence. Voir le tableau ci-dessous.

Ce sont, en majeure partie, les choix de vie que nous ferons qui influenceront notre état de santé.

Ce qui nous place à faible risque de développer une démence à un âge avancé :

  • Exercice
  • alimentation de type méditerranéenne
  • garder son cerveau actif
  • contrôle du diabète et de l’hypertension artérielle dépistage et traitement de la dépression
  • poids santé

Vous faites ainsi d’une pierre deux coups, car ce qui est bon pour votre cerveau est aussi bon pour votre santé cardio-vasculaire. En plus de diminuer votre risque de démence, vous diminuez votre risque d’AVC et de problèmes cardiaques.

Mireille Guillemette inf.B.éd., présidente et formatrice pour Mire Formation Conseil inc.